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Camille Cosmétique
Sécurité & précautions

Microplastiques dans les cosmétiques : ce que la nouvelle loi européenne change

Camille K.,
Gommage exfoliant et microbilles dans une main

Les microplastiques des cosmétiques ont longtemps fini dans nos océans sans que personne ne s'en émeuve. Ces minuscules particules de plastique, ajoutées dans des gommages ou des produits de maquillage, sont désormais dans le viseur de l'Europe, qui les interdit progressivement depuis 2023. Voici ce que dit cette réglementation, où se cachaient ces plastiques, et comment les repérer sur une étiquette.

Polyethylene, Nylon, Acrylates Copolymer...le plastique invisible
Ce que c'est
Des particules de polymères synthétiques solides, insolubles et non biodégradables, ajoutées dans certains produits.
Son rôle
Exfolier (microbilles), donner de la texture, faire tenir un maquillage ou apporter un effet brillant.
Le risque
Enjeu surtout environnemental : ils polluent durablement l'eau et entrent dans la chaîne alimentaire.
Mon verdict
Un problème écologique réel, désormais encadré par une interdiction progressive en Europe.

Qu'est-ce qu'un microplastique cosmétique ?

Il s'agit de minuscules particules de plastique délibérément ajoutées dans un produit. Les plus connues sont les microbilles des gommages, mais on en trouvait aussi sous forme de paillettes, d'agents de texture ou de films qui font tenir un maquillage. Le point commun de ces matières, c'est qu'elles sont solides, insolubles dans l'eau et non biodégradables : une fois rincées, elles partent dans les eaux usées et finissent dans la nature, où elles persistent très longtemps.

Pourquoi c'est un problème

Le souci est avant tout environnemental. Trop petites pour être filtrées par les stations d'épuration, ces particules rejoignent les rivières puis les océans, où elles s'accumulent et contaminent la faune marine, jusqu'à remonter dans la chaîne alimentaire. Un seul tube de gommage pouvait en relâcher des milliers à chaque utilisation. Multiplié par des millions de salles de bain, l'impact devient considérable, d'où la décision de légiférer.

Ce que dit la réglementation européenne

En 2023, l'Europe a adopté une restriction qui interdit progressivement l'ajout intentionnel de microparticules de plastique dans de nombreux produits, dont les cosmétiques. Le calendrier est échelonné selon le type de produit, pour laisser aux fabricants le temps de reformuler. Les usages les plus emblématiques, comme les microbilles exfoliantes et les paillettes libres, ont été interdits en premier, dès l'entrée en vigueur du texte.

Type de produitInterdiction
Microbilles exfoliantes, paillettes libresDès l'entrée en vigueur (2023)
Produits rincés (gels, nettoyants)Échéance intermédiaire
Produits sans rinçage (crèmes, maquillage)Échéances plus tardives
Maquillage, lèvres, onglesDélai le plus long, avec étiquetage transitoire

À noter

Attention au raccourci selon lequel tous les polymères cosmétiques seraient interdits. La restriction vise les particules de plastique solides, insolubles et non biodégradables. Les polymères liquides, solubles ou biodégradables, eux, ne sont pas concernés. Tout n'a pas non plus été interdit d'un coup : le calendrier s'étale sur plusieurs années selon les catégories de produits.

Comment les repérer sur une étiquette

En attendant que les reformulations soient totales, vous pouvez traquer certains noms dans la liste INCI. Les plus courants sont le polyethylene (le plastique des anciennes microbilles), le nylon-12 ou nylon-6, l'acrylates copolymer et crosspolymer, le polyurethane ou encore le PMMA. Leur présence, surtout en bonne position dans la liste, signale un produit susceptible d'en contenir. Les marques engagées affichent souvent une mention sans microplastique.

Quelles alternatives ?

Pour l'exfoliation, les microbilles de plastique ont été remplacées par des exfoliants naturels comme la poudre de noyaux, le sucre, le sel ou la cellulose, voire par des exfoliants chimiques doux comme les acides. Pour la texture et la tenue, les formulateurs disposent de polymères biodégradables ou d'ingrédients alternatifs. La bonne nouvelle, c'est que se passer de microplastiques est tout à fait possible sans sacrifier l'efficacité.

Le rôle du consommateur

La réglementation fait le gros du travail, mais le consommateur garde une vraie marge d'action, surtout pendant la période de transition où certains produits anciens circulent encore. Le geste le plus simple reste de lire la liste INCI et de privilégier les marques qui ont déjà reformulé sans attendre les échéances légales. Choisir un gommage à base d'ingrédients naturels plutôt qu'à microbilles, par exemple, est à la portée de tous.

Au-delà de l'achat, il y a aussi le bon usage : finir ses anciens produits plutôt que de les jeter dans l'évier, où leurs particules rejoindraient directement les eaux usées. Chaque petit choix compte, multiplié par des millions de salles de bain. La fin des microplastiques cosmétiques se jouera autant dans les rayons et les habitudes que dans les textes de loi, et c'est plutôt une bonne nouvelle.

Questions fréquentes

Les microplastiques sont-ils dangereux pour la peau ?

Le problème est environnemental avant tout. Sur la peau, ce sont des particules inertes ; c'est leur rejet massif dans l'eau et la nature qui pose question, pas un danger cutané direct.

Mon ancien gommage à microbilles est-il interdit ?

Les microbilles exfoliantes font partie des premiers usages interdits. Les produits récents n'en contiennent plus ; si vous avez un vieux tube, autant le finir puis passer à une alternative naturelle.

Les paillettes sont-elles toutes concernées ?

Les paillettes libres en plastique sont visées par l'interdiction. Il existe désormais des paillettes biodégradables, à base de cellulose par exemple.

Comment être sûr qu'un produit en est exempt ?

Lisez la liste INCI et repérez les polymères cités plus haut. Les mentions sans microplastique et les labels engagés sont aussi des repères utiles.

En résumé, ce que je retiens

Les microplastiques cosmétiques sont un vrai problème écologique, désormais encadré par une interdiction européenne progressive. Microbilles et paillettes libres ont été bannies en premier, le reste suit selon un calendrier étalé pour laisser aux marques le temps de reformuler.

Pour le consommateur, le réflexe reste de lire l'étiquette et de privilégier les alternatives naturelles. Inutile de paniquer pour sa peau, le danger n'est pas cutané, mais chaque produit sans microplastique est un petit geste de plus pour les océans. Et ça, ça vaut la peine d'y prêter attention.

Le verdict de Camille

Un enjeu écologique sérieux, enfin pris au sérieux par la loi. Pour la peau, aucun danger direct ; pour les océans, un vrai problème. Repérez polyethylene, nylon et acrylates dans vos listes INCI, préférez les exfoliants naturels, et soutenez les marques qui ont déjà reformulé. Un geste simple, un impact réel.

Sources

  • Règlement (UE) 2023/2055 du 25 septembre 2023 (microparticules de polymères synthétiques, REACH annexe XVII). Source : https://eur-lex.europa.eu/
  • ECHA, Restriction des microplastiques ajoutés intentionnellement. Source : https://echa.europa.eu/fr/hot-topics/microplastics
C

Camille K.

Passionnée de cosmétique, je lis les étiquettes à votre place et je vous dis ce qu'elles cachent vraiment, sans greenwashing ni alarmisme. En savoir plus →