BHA et BHT : les antioxydants synthétiques qui sèment la confusion

Voici deux ingrédients qui prêtent à confusion dès le départ. Le BHA dont je vais parler ici n'a rien à voir avec les BHA exfoliants comme l'acide salicylique : même sigle, molécules totalement différentes. Le BHA et le BHT sont en réalité des antioxydants synthétiques qui protègent les corps gras des produits. Et l'un des deux est plus surveillé que l'autre. Démêlons ce petit sac de nœuds.
- Ce que c'est
- Deux antioxydants de synthèse de type phénol, le BHA (hydroxyanisole) et le BHT (hydroxytoluène).
- Son rôle
- Empêcher l'oxydation et le rancissement des huiles et corps gras, et prolonger la conservation.
- Le risque
- Présents en très faible dose. Le BHA est plus surveillé (suspicion), le BHT est jugé plus sûr.
- Mon verdict
- Des conservateurs efficaces ; je préfère limiter le BHA, je suis plus tranquille avec le BHT.
D'abord, ne pas confondre les sigles
C'est le piège numéro un. En cosmétique, BHA désigne souvent les beta-hydroxy acides, ces exfoliants chimiques dont l'acide salicylique est le chef de file. Mais le BHA dont il est question ici, c'est le butylhydroxyanisole, un antioxydant qui n'a strictement rien à voir. Même abréviation, deux mondes différents : l'un exfolie la peau, l'autre conserve les huiles d'un produit. Garder cette distinction en tête évite bien des frayeurs inutiles.
À quoi ils servent
Le BHA et le BHT sont des antioxydants. Leur rôle n'est pas de soigner la peau mais de protéger la formule : ils empêchent les huiles et les corps gras de rancir au contact de l'air. On les retrouve donc surtout dans les produits riches en matières grasses, comme les baumes, les rouges à lèvres ou certaines crèmes. Ils sont utilisés à des doses minuscules, de l'ordre de quelques centièmes de pour cent, suffisantes pour faire leur travail.
Le BHT, le plus tranquille des deux
Commençons par la bonne nouvelle. Le BHT a été réévalué par les autorités scientifiques européennes, qui l'ont jugé sûr aux concentrations utilisées en cosmétique. C'est donc un antioxydant que je considère comme peu problématique : utilisé en trace pour conserver un produit, il ne mérite pas l'inquiétude qu'on lui prête parfois. Sa présence dans une liste INCI n'a rien d'alarmant.
À noter
Le BHA, lui, est plus surveillé. Il figure sur des listes de substances à examiner pour leur potentiel de perturbation endocrinienne, et un organisme international l'a classé comme cancérogène possible, sur la base d'études chez l'animal à fortes doses orales, dont la pertinence pour un usage cosmétique reste discutée. Ce n'est pas une condamnation, mais cela justifie de le surveiller de plus près que le BHT.
Faut-il les éviter ?
Ma position est nuancée. Pour le BHT, il n'y a pas de raison de paniquer. Pour le BHA, comme il existe une suspicion et des alternatives, je préfère le limiter quand c'est facile, sans pour autant en faire une obsession. Les quantités en jeu sont infimes, et il existe aujourd'hui des antioxydants de substitution, comme la vitamine E (tocophérol), souvent utilisée pour le même rôle dans les formules plus naturelles.
| Ingrédient | Statut | Mon avis |
|---|---|---|
| BHT | Jugé sûr aux doses cosmétiques | Pas d'inquiétude particulière |
| BHA | Surveillé, suspicion à fortes doses | À limiter quand c'est simple |
| Vitamine E | Alternative naturelle courante | Bon antioxydant de remplacement |
Comment les repérer
Dans une liste INCI, cherchez les mentions BHT et BHA, généralement situées en toute fin de liste, signe de leur très faible présence. Si vous préférez les éviter, surtout le BHA, privilégiez les produits qui utilisent la vitamine E comme antioxydant, ou les formules certifiées bio qui les excluent. Mais gardez le sens des proportions : ce ne sont pas les ingrédients les plus préoccupants d'une routine.
Où les trouve-t-on le plus souvent ?
Comme leur rôle est de protéger les corps gras de l'oxydation, le BHA et le BHT se concentrent logiquement dans les produits riches en huiles et en cires. On les rencontre donc surtout dans les rouges à lèvres et baumes, les fonds de teint, certaines crèmes nourrissantes, les huiles et les soins capillaires gras. Dans un sérum aqueux léger, leur présence est beaucoup plus rare.
Savoir cela aide à hiérarchiser sa vigilance. Si vous voulez limiter le BHA, c'est d'abord du côté de vos produits gras et de votre maquillage qu'il faut regarder, pas de vos sérums hydratants. Et souvenez-vous que les quantités en jeu sont infimes, en toute fin de liste INCI : on parle de traces destinées à éviter le rancissement, pas d'un actif présent en quantité notable dans la formule.
Questions fréquentes
Le BHA cosmétique, c'est l'acide salicylique ?
Non, c'est toute la confusion. L'acide salicylique est un BHA au sens beta-hydroxy acide, un exfoliant. Le BHA antioxydant est le butylhydroxyanisole, une molécule de conservation totalement différente.
Le BHT est-il dangereux ?
Aux doses cosmétiques, il a été jugé sûr par les évaluations européennes. C'est le plus rassurant des deux.
Pourquoi le BHA est-il classé comme cancérogène possible ?
Sur la base d'études animales à fortes doses orales, sans rapport avec une trace dans un baume à lèvres. La pertinence pour l'usage cosmétique humain reste discutée, ce qui invite à la prudence sans dramatiser.
Comment les éviter ?
En choisissant des formules à la vitamine E ou certifiées bio, qui n'utilisent pas ces antioxydants synthétiques.
En résumé, ce que je retiens
BHA et BHT sont des antioxydants synthétiques qui conservent les corps gras, à ne surtout pas confondre avec les acides exfoliants du même sigle. Le BHT est jugé sûr et ne mérite pas d'inquiétude ; le BHA, plus surveillé, mérite qu'on le limite quand c'est simple.
Ni l'un ni l'autre n'est un poison à fuir à tout prix, vu les quantités infimes en jeu. Mais si vous voulez faire le tri, le BHA est le candidat le plus logique à éviter, avec des alternatives faciles comme la vitamine E. Le reste est affaire de bon sens, pas de panique.
Le verdict de Camille
Deux antioxydants, deux niveaux de vigilance. Le BHT est tranquille, le BHA mérite d'être limité par précaution. Ne les confondez jamais avec l'acide salicylique. Si vous voulez les éviter, visez les formules à la vitamine E ou bio. Et rappelez-vous : ce sont des traces, pas le cœur du problème d'une routine.
Sources
- SCCS, Opinion on Butylated Hydroxytoluene (BHT), SCCS/1636/21. Source : https://health.ec.europa.eu/scientific-committees_en
- IARC Monographs Vol. 40, Butylated hydroxyanisole (BHA), groupe 2B. Source : https://monographs.iarc.who.int/
Camille K.
Passionnée de cosmétique, je lis les étiquettes à votre place et je vous dis ce qu'elles cachent vraiment, sans greenwashing ni alarmisme. En savoir plus →